Biographie
24 NOVEMBRE 1930,
† MADRID 19 JUILLET 2016
Le Chemin néocatéchuménal, qui a germé en Espagne dans les baraques de Palomeras Altas (Madrid), puis à Rome, est présent en 2026 dans 138 pays des 5 continents, dans environ 1 400 diocèses et plus de 6 200 paroisses, et compte plus de 20 300 communautés. Il vit au sein des paroisses, en communion avec l’évêque, dans de petites communautés formées par des personnes d’âges, de conditions sociales, de mentalités et de cultures différentes, qui veulent vivre pleinement leur vie chrétienne en redécouvrant les richesses du baptême. « À tous, en particulier à ceux qui se sont éloignés ou dont la foi s’est affaiblie, vous offrez la possibilité d’un itinéraire spirituel à travers lequel redécouvrir la signification du baptême, afin qu’ils puissent reconnaître le don de la grâce reçu et, par conséquent, l’appel à être disciples du Seigneur et ses témoins dans le monde. » (Pape Léon XIV, Discours aux responsables du Chemin néocatéchuménal, 19 janvier 2026).
Le Chemin néocatéchuménal a contribué à ouvrir 116 séminaires Redemptoris Mater dans autant de diocèses, où il y a plus de 2 000 séminaristes. De ces communautés sont nées 1960 familles qui, reconnaissantes au Seigneur pour l’amour reçu, avec leurs enfants, se sont offertes à collaborer à l’évangélisation et ont été envoyées par les Papes (Saint Jean-Paul II, Benoît XVI et le pape François).
Carmen Hernández Barrera
Carmen Hernández Barrera, née à Ólvega (Soria, Espagne), le 24 novembre 1930, fille d’Antonio Hernández Villar et de Clementa Barrera Isla, cinquième de 12 enfants (3 meurent encore jeunes), est baptisée le 28 novembre dans l’église paroissiale de Santa María la Mayor à Ólvega. À trois mois, elle déménage avec sa famille à Tudela et retourne à Ólvega pour les vacances.
Entre 1935 et 1945, elle étudie au Colegio de la Compañía de María, à Tudela. Sa famille, d’origine simple, trouve peu à peu, par l’initiative de son père, une croissance économique considérable, jusqu’à s’installer à Madrid en 1945. Et ici, à l’école Colegio Jesús-María, elle poursuit ses études jusqu’en 1948.
Les années passées à Tudela sont particulièrement importantes pour la vie de Carmen. Dans la ville, il y avait en effet, juste à côté du collège où elle a fait ses études, l’école des jésuites « Saint François Xavier », où passaient régulièrement des missionnaires provenant du monde entier, de l’Inde, du Japon, de l’Amérique… , à travers lesquels le Seigneur a allumé en elle l’appel à la mission. Dès sa jeunesse, elle a senti cette vocation qu’elle a voulu suivre avec passion, malgré les désaccords avec sa famille ; à plusieurs reprises, elle a essayé aussi de s’échapper de chez elle pour aller en mission, mais son père le lui refusa.
Elle a étudié et terminé ses études en sciences chimiques à l’université Complutense de Madrid, avec des résultats brillants. Elle a ensuite travaillé dans diverses industries familiales jusqu’à ce que, en 1954, elle abandonne la carrière prometteuse que son père voulait pour suivre le Christ, en entrant dans l’Institut des Missionnaires du Christ Jésus, fondé récemment en Navarre.
Entre 1955 et 1956, elle a accompli son année de noviciat dans leur Institut missionnaire à Javier et le 3 octobre elle prononce ses vœux temporaires. En 1957, elle entre dans la maison de formation des Missionnaires du Christ Jésus à Valence et commence ses études en sciences sacrées (théologie), qui se termine en 1960 avec une thèse sur « La nécessité de la prière dans la pensée de Pie XII » et obtient le grade final de Summa cum laude. À Valence, elle a la possibilité de connaître l’évêque, Mgr. Marcelino Olaechea y Loizaga; lui, déjà archevêque de Pampelune avait soutenu la naissance de cet institut missionnaire et maintenant, à Valence, il assiste les missionnaires et sera un guide précieux pour Carmen.
En 1960-61, elle séjourne à Londres pour étudier et améliorer sa connaissance de l’anglais et préparer ainsi la mission à laquelle elle se sent appelée, en Inde. Mais durant l’hiver de 1961, un télégramme de sa supérieure la rappelle en Espagne, à Barcelone, où elle arrive en janvier 1962. Les supérieures de l’Institut, à cause de certains conflits internes, décident que Carmen et quelques-unes de ses compagnes doivent quitter l’Institut avant de faire la profession perpétuelle en octobre.
Cette rupture de son projet missionnaire, qui lui cause beaucoup de souffrances, se produit simultanément avec la connaissance des théologiens qui préparent le renouveau liturgique qui est en train de s’opérer avec le Concile Vatican II : elle pourra ainsi voir sa souffrance illuminée à la lumière du Mystère pascal de la mort et résurrection de Jésus-Christ.
À Barcelone, elle a l’occasion de connaître le père Pedro Farnés, liturgiste espagnol, qui donne des cours de liturgie et qui est très en contact avec tout le renouveau liturgique. Carmen suit ses leçons.
Le 28 août 1962, Carmen doit quitter l’Institut des Missionnaires du Christ Jésus. À la lumière des leçons du Père Farnés sur le Mystère pascal, elle vivra ce temps comme un appel du Seigneur à offrir son Isaac, la vocation à la mission qu’elle ressent depuis sa jeunesse : cet événement de sa vie la rendra très sensible à ce que le Concile est en train d’offrir à l’Église par la Constitution Sacrosanctum Concilium, richesse que Carmen donnera au Chemin avec ses catéchèses sur le Mystère pascal et l’Eucharistie.
Carmen, avec les autres compagnes qui ont quitté l’Institut des Sœurs Missionnaires, va vivre à la Casa Antúnez, un quartier ouvrier de Barcelone, et travaille dans une usine, pensant pouvoir un jour annoncer Jésus-Christ aux ouvrières… Mais ce jour n’arrive jamais et ainsi ses compagnes pensent aller en mission parmi les mineurs en Bolivie.
Mais avant de partir pour la mission, à l’exemple de tant de saints, elle décide de se rendre en pèlerinage en Terre Sainte, sur les traces de la Parole de Dieu : elle la proclame dans les lieux où elle s’est accomplie. Ici s’ouvrent de manière surprenante les Écritures et elle voit comment, pour le renouveau de l’Église, il faut revenir aux origines de la communauté chrétienne et aux racines juives du christianisme. Cette expérience existentielle permettra à Carmen d’accueillir avec une attention et une richesse particulières la Constitution conciliaire Dei Verbum, pour ensuite la transmettre, avec Kiko, au Chemin. Le 7 août de cette année-là, 1963, elle quitte Marseille par bateau à destination d’Israël.
Le 5 janvier 1964, lors de la visite du pape Paul VI en Palestine, Carmen est présente lors de son passage à Nazareth. Là elle rencontre le Père Gauthier, fondateur de la famille religieuse : « Les compagnons et les compagnes de Jésus charpentier » : des hommes et des femmes peuvent vivre une vie religieuse commune. Et cela lui éclaire une nouvelle façon de vivre la vie religieuse.
Le 5 juillet 1964, Carmen retourne à Barcelone en pensant retrouver ses compagnes, mais celles-ci sont à Madrid. Le 12 juillet, elle se rend à Madrid pour rencontrer sa famille et ses compagnes et pour préparer la mission en Bolivie. Le 15 juillet Pilar Hernández, sa sœur, lui parle de Kiko Argüello et de ce qu’il fait avec les pauvres. En septembre, elle entre en contact avec Kiko Argüello qui, en novembre, décide d’aller vivre parmi les baraques de Palomeras Altas et là, en 1965, se forme une petite communauté parmi les pauvres. Carmen connaît cette communauté et reste surprise de voir que ces pauvres sont intéressés par le fait de connaître Jésus-Christ. Carmen commence à fréquenter la communauté et décide d’aller vivre là tout près.
Le 28 août 1965, la Guardia Civil commence à démolir les baraques de Palomeras et commence avec celle de Carmen. Kiko parvient à convaincre l’archevêque de Madrid, Mgr Casimiro Morcillo, de venir les aider et arrête la démolition. L’archevêque, qui vient d’être secrétaire du Concile Vatican II, rencontre la communauté qui s’y est formée, la bénit et les invite à apporter cette expérience dans les paroisses de Madrid. Ce fait aide Carmen à décider de ne pas partir pour la Bolivie, mais de rejoindre Kiko dans l’œuvre d’évangélisation. Et ici, parmi les pauvres de Palomeras, où Carmen voit naître une « communauté chrétienne », cela l’éclaire sur l’autre Constitution conciliaire, Lumen gentium, le mystère de l’Église qui se fait présent dans l’histoire à travers une communauté de frères et sœurs différents par l’âge, la culture, l’origine sociale…
On reste surpris de voir comment la vie de Carmen, les traits qui en constituent la trame, sont comme liés aux Constitutions conciliaires : Dieu l’a préparée à accueillir le contenu de ces textes (Mystère pascal, Parole de Dieu, Église/communauté) avec les faits de son histoire : la sortie de l’Institut, le pèlerinage en Israël sur les traces de la Parole de Dieu, la communauté des baraques, afin qu’ils puissent devenir la trace et le contenu des catéchèses qui, avec Kiko, ont donné forme à une modalité d’Initiation chrétienne, en récupérant et en adaptant à l’époque actuelle la pratique du catéchuménat antique, comme le demande le Concile lui-même : « On restaurera le catéchuménat des adultes, distribué en plusieurs étapes… , destiné à une formation appropriée… » (SC 64). C’est le « tripode », Parole, Liturgie, Communauté, qui est le fondement du Chemin néocatéchuménal.
En 1966, Kiko et Carmen commencent à faire des catéchèses dans une paroisse de Madrid et, en 1967, à San Frontis (Zamora). Le 26 mars, ils célèbrent la première Veillée pascale à Fuentes (Ségovie). En novembre, ils commencent les catéchèses à Avila et rencontrent don Dino Torreggiani qui les invite à aller à Rome.
En juin 1968, Kiko et Carmen vont à Rome. Kiko va vivre au Borghetto Latino et Carmen chez les Sœurs de Sainte-Brigitte. Don Dino les emmène en visite au Sanctuaire de Pompéi pour mettre leur œuvre sous la protection de la Vierge. Ils visitent quelques curés de Rome, qui ne se montrent pas du tout intéressés et, à travers quelques jeunes qui travaillent parmi ces baraques du Borghetto, ils entrent en contact avec leur paroisse des Saints Martyrs Canadiens. Accompagnés par le père Francesco Cuppini, de Bologne, comme prêtre de l’équipe, entre septembre et novembre 1968 ils font les catéchèses et naît la première communauté des Martyrs canadiens, à Rome.
Fin novembre, ils sont à Lisbonne, dans la paroisse de Penha de França, pour la première catéchèse au Portugal. Un travail infatigable d’évangélisation en Espagne, en Italie et en France continue ensuite.
En juillet 1971, don Francesco Cuppini retourne dans son diocèse de Bologne et le jeune prêtre d’Avila, Jesús Blázquez, le remplace comme prêtre de l’équipe en Espagne. Le père Mario Pezzi est invité à accompagner Kiko et Carmen pendant les périodes d’évangélisation en Italie, jusqu’en 1982, quand il est appelé à faire partie de l’équipe responsable du Chemin néocatéchuménal, jusqu’à aujourd’hui.
De nombreux événements de la biographie de Carmen se conjuguent ensuite avec le développement et l’histoire même du Chemin.
Le tempérament artistique de Kiko, son expérience existentielle et sa formation en tant que catéchiste dans les Cursillos de Cristiandad, ainsi que la préparation théologique de Carmen, sa passion pour l’évangélisation et la connaissance du mouvement de renouveau du Concile Vatican II, seront les bases du Chemin néocatéchuménal.
Cette œuvre reçoit sa première bénédiction officielle lors de l’audience du 8 mai 1974, avec les paroles du Pape, saint Paul VI : « Quelle joie et quel espoir vous nous donnez par votre présence et par votre activité ! » « , et une confirmation très précieuse lors de l’audience du 12 janvier 1977, avec l’allocution du Pape entièrement consacrée au Chemin néocatéchuménal ; à la fin de l’audience, le Pape reçoit en privé Kiko et Carmen et dit à Kiko : « Sois humble et fidèle à l’Église et l’Église te sera fidèle », et à Carmen, agenouillée devant lui, il pose la main sur la tête.
Kiko et Carmen, toujours très attentifs et fidèles au Magistère de l’Église, après le discours de saint Jean-Paul II au VIe Symposium du Conseil des Conférences Épiscopales d’Europe (11 octobre 1985) qui appelait l’Église à une « nouvelle évangélisation », se sentent poussés, d’une part, à commencer en 1986 une nouvelle modalité d’évangélisation, en convoquant les familles avec leurs enfants et, d’autre part, à ouvrir des Séminaires diocésains et missionnaires, internationaux, qui recevront le nom de Redemptoris Mater. Le 14 février 1988, avec l’appui du Saint-Père, le Card. Vicaire Ugo Poletti, érige à Rome le premier séminaire diocésain missionnaire Redemptoris Mater.
Aujourd’hui il y a 116 Séminaires Diocésains Missionnaires dans les 5 continents, avec plus de 3000 prêtres déjà ordonnés. Ce sont des voyages missionnaires infatigables, avec les nombreuses communautés nées dans de nombreuses nations et aussi avec des rencontres de multitudes de jeunes soit pour susciter des vocations à la vie sacerdotale et religieuse, soit pour impliquer et appeler les familles elles-mêmes, avec leurs enfants, à s’offrir à l’évangélisation du monde d’aujourd’hui.
Un don particulier est ensuite fait au Chemin le 30 août 1990, avec la Lettre “Ogniqualvolta” adressée à Mgr. Paul Josef Cordes, chargé « ad personam » des Communautés Néocatéchuménales : le pape Saint-Jean-Paul II reconnaît le « Chemin néocatéchuménal comme un itinéraire de formation catholique, valable pour la société et pour les temps actuels ».
Et deux étapes formelles et décisives seront accomplies en 2002, avec le décret d’approbation « ad experimentum » du Statut du Chemin néocatéchuménal, par le Conseil pontifical pour les laïcs, sur mandat du pape Jean-Paul II, et en 2008 (11 mai, solennité de la Pentecôte), l’approbation définitive du Chemin, confirmée par le Pape Benoît XVI, comme une « modalité diocésaine de mise en œuvre de l’Initiation chrétienne » (Statuts, art. 1,2). À laquelle suivra, le 26 décembre 2010, l’approbation officielle du « Directoire du Chemin néocatéchuménal », c’est-à-dire des textes des catéchèses de Kiko et Carmen qui accompagnent l’itinéraire néocatéchuménal. Ensuite suivra, le 8 janvier 2012, l’approbation des célébrations du Directoire Catéchétique et en 2014 la confirmation par le Pape François, à travers la Secrétairie d’État, de la pratique liturgique et des Statuts du Chemin néocatéchuménal.
Carmen ne s’intéresse qu’à accomplir la volonté de Dieu et cela lui donne cette liberté d’esprit et ce courage qui sont propres aux personnes grandes dans l’Église. Elle était dotée d’une intelligence et d’une capacité de travail peu communes et a reçu une formation scientifique et théologique providentielle pour la mission à laquelle le Seigneur l’appelait avec Kiko Argūello : le Chemin néocatéchuménal. Érudite des Saintes Écritures, de l’Église primitive, des origines du christianisme, des racines juives du christianisme, des traditions du peuple juif ; dans ses catéchèses, elle savait lier magistralement l’Ancien et le Nouveau Testament ; elle était aussi une grande connaisseuse de l’histoire et du Magistère de l’Église ; enthousiaste du Concile Vatican II, spécialement de Lumen Gentium, de Dei Verbum et de Sacrosanctum Concilium, avec la redécouverte du Mystère pascal : les Constitutions du Concile qui sont à la base du renouveau que le Chemin, comme un itinéraire d’initiation chrétienne, apporte à l’Église.
Carmen a vraiment parcouru le monde en annonçant l’Évangile, contribuant avec Kiko Argüello à susciter des centaines de vocations au sacerdoce, à la vie religieuse et à la vie missionnaire, impliquant aussi des familles entières. Elle a prêché l’Évangile devant des milliers de jeunes qui l’acclamaient avec enthousiasme, car elle a toujours eu pour eux une parole vraie et radicale, sans peur d’aller à contre-courant. Avec courage, elle parlait de l’avortement, de la valeur de la maternité, des faux féminismes, de la destruction de la famille… , mais surtout de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ, dont elle a toujours été amoureuse, comme on peut le voir dans sa prédication et ses écrits intimes. Elle a maintenu un lien spécial d’amitié avec saint Jean-Paul II. Le grand amour qu’elle a nourri pour les Papes et pour l’Église, et surtout la profondeur et l’originalité de ses catéchèses, font que l’on peut considérer Carmen Hernández comme l’une des femmes les plus importantes de l’Église catholique du XXe siècle.
Le 16 mai 2015, elle reçoit, avec Kiko, le Doctorat Honoris Cause en théologie de la Catholic University of America (CUA). L’Université a voulu décerner ce doctorat pour leur dévouement envers les pauvres qui a conduit beaucoup d’entre eux à la communion avec le Christ dans la foi catholique. Il faut reconnaître à Carmen l’inestimable contribution qu’elle a apportée à la formation de la synthèse théologique et catéchétique du Chemin néocatéchuménal : sa profonde connaissance des Écritures et du monde juif, son contact avec tout le renouveau conciliaire, surtout par le père Farnés, sa connaissance du catéchuménat antique et de l’histoire de l’Église a rendu possible, avec Kiko, cet itinéraire d’Initiation chrétienne dans l’Église d’aujourd’hui.
Les écrits publiés après sa mort, tirés de ses journaux intimes, nous ont révélé une Carmen affligée de grandes souffrances spirituelles, qui vivait souvent dans la « nuit obscure » entre d’innombrables voyages et une incessante activité missionnaire. À ces souffrances, à partir de sa chute dans la cathédrale de Séoul (2010), s’ajouteront diverses autres souffrances jusqu’à sa mort. Malgré tout cela, elle n’a pas abandonné l’évangélisation, avec Kiko et le Père Mario, jusqu’à la fin. Son dernier voyage a eu lieu dans sa Terre sainte bien-aimée, quatre mois avant sa mort, pour accompagner Kiko lors de la rencontre des évêques à la Domus Galileaea (Israël) au cours de la semaine in Albis de 2016.
Le 19 juillet 2016, à 16h45, Carmen Hernández est appelée en présence de Dieu, à l’âge de 85 ans, et le 21 juillet ont lieu ses funérailles solennelles dans la cathédrale de l’Almudena, présidées par l’archevêque de Madrid, le card. Carlos Osoro, accompagné des cardinaux Stanisław Rylko, Antonio María Rouco, Ricardo Blázquez, Carlos Amigo et du nonce apostolique d’Espagne, Mgr. Renzo Fratini, qui a lu un message du pape François : « J’ai été touché par la nouvelle de la mort de Mme Carmen Hernández, après une longue existence marquée par son amour pour Jésus-Christ et par un grand enthousiasme missionnaire… Je rends grâce à Dieu pour le témoignage de cette femme, animée par un amour sincère pour l’Église, qui a donné sa vie pour l’annonce de la Bonne Nouvelle… » Dans son intervention, le P. Mario a commenté : « Les historiens approfondiront ce fait : la fondation d’une réalité ecclésiale réalisée par un homme et une femme qui ont constamment collaboré ensemble », et cela depuis plus de 50 ans. Le rabbin Rosenbaum, dans sa lettre de condoléances pour la mort de Carmen a écrit : « Carmen a été une ‘tsaddiqah, une femme sainte et juste, une femme de vision prophétique et d’amour sans limites pour les enfants de Dieu. J’ai eu le privilège de la connaître et d’avoir pu faire l’expérience ensemble de la ‘Ruah haqqodesh‘, l’esprit de sainteté qu’elle possédait d’une manière unique. » Ces paroles ne sont pas surprenantes car Carmen, depuis qu’elle a eu l’occasion de visiter Israël en 1963, avait un grand amour pour la Terre Sainte et l’a transmis avec passion aux frères du Chemin. Les funérailles de Carmen ont été marquées par des célébrations qui se sont déroulées dans de nombreuses cathédrales et églises du monde.
Son corps repose dans une crypte dans le jardin du séminaire Redemptoris Mater de Madrid et est visité par des milliers de personnes à travers le monde. Chaque année, le 19 juillet, en mémoire de son passage au Ciel, dans de nombreuses paroisses et diocèses du monde entier, des milliers de frères se rassemblent en prière.

Le 4 décembre 2022, l’archevêque de Madrid d’alors, le Card. Carlos Osoro, devant 50 évêques, a ouvert la phase diocésaine de la cause de béatification et canonisation de Carmen Hernández et est déclarée « Servante de Dieu » et le 2 juin 2026, le Card. José Cobo Cano, actuel archevêque de Madrid, déclare terminée la phase diocésaine et transmet tous les documents au dicastère pour les causes des saints à Rome.
Au cours de ces 10 années, sa tombe a été visitée par plus de 120 000 frères provenant de plus de 100 pays du monde. Dans la cause de canonisation, il y a déjà plus de 15 000 faveurs et grâces et 60 000 demandes d’intercession. Des personnes sur les 5 continents demandent son aide en de nombreuses occasions.
Hommages à Carmen Hernández
Reconnaissance du ministère du tourisme d’Israël comme signe de reconnaissance et d’amitié (Jérusalem 2004).
Le 27 mai 2018, Kiko Argüello présente la symphonie « La souffrance des innocents », une célébration symphonique-catéchétique, à la Cathédrale de Soria, organisée en l’honneur de Carmen Hernández. La rencontre est présidée par l’évêque et en présence des autorités civiles.
Dans certaines villes, des places et des rues ont été dédiées à sa mémoire : trois en Italie, une en Albanie et une au Brésil. À Tudela (Navarre), en 2023, une « Plaque commémorative » a été placée dans la ville où Carmen a vécu la majeure partie de son enfance et une autre, en 2024, au collège de l’église de la « Compagnie de Marie », où elle a vécu ses années d’études.
En 2024 a été inaugurée à Jérusalem la « Domus Betaniae », un centre d’études pour les Presbytres : pour l’amour montré par Carmen pour la Terre Sainte, la maison a été inaugurée à Pâques et placée sous le patronage de la Servante de Dieu Carmen Hernandez.
Livres publiés
– Carmen Hernández Barrera, Journal intime – 1979-1981, par J. Sotil et E. Pasotti, Edition privée, Paris 2023 (en italien, espagnol, français, anglais, polonais, portugais, croate, coréen, hongrois et russe).
– Carmen Hernández Barrera, La nécessité de la prière dans la pensée de Pie XII, par R. Orozco et A. Carrascosa, Chirico, Naples 2024, en cours d’édition française (en italien, espagnol, portugais et polonais)
– Aquilino Cayuela, Carmen Hernández – Notes biographiques, Edition privée, Paris 2023 (en italien, espagnol, français, anglais, allemand, néerlandais, polonais, portugais, croate et russe)
– Giorgio Ricci, Simboli giudeo-cristiani tra scienza e fede – Riflessioni con Carmen Hernandez, Chirico, Naples 2021 (en italien, espagnol et anglais).
– Francesco G. Voltaggio – Paolo Alfieri, Sono in te tutte le mie fonti – La Serva di Dio Carmen Hernández in Terra Santa, Chirico, Naples 2023 (en italien, espagnol, anglais, portugais, polonais et arabe).
– Carmen Hernández Saldaña, Sorianas en la historia, Soria Edita 2023 (avec un chapitre consacré à la Servante de Dieu Carmen Hernandez Barrera).
– Gianfranco Santini, Un Santo per amico – Sette racconti, Tau éditeur, Todi (Pérouse) 2024.
– Josefina Ramón Berná, Cœur sans partage. Mission et virginité chez Carmen Hernández, Chirico, Naples 2026 (espagnol, italien, portugais, français, anglais, allemand, néerlandais, polonais, chinois, tchèque, roumain, suédois).
– Charlie Metola – Isabel Banderas, La Serva di Dio Carmen Hernandez – La sua vita e la sua missione in 50 domande, Chirico, Naples 2025 (espagnol, italien, portugais, polonais, anglais et allemand).
– José Casas – Jorge Borrel. Luz y tinieblas, Bendecid al Senor, Desclées De Brower, Bilbao 2026.










